Le soleil ne parcourt pas toujours mes instants de vie, mais il semble s'être installé pour un moment. Il faut dire que depuis que tu es là, tout a changé ici. Il me semble que les fleurs et les oiseaux sont venus souhaiter la bienvenue à l'été comme partout ailleurs. Tout est plus beau, tout à une meilleure odeur et les sourires inconnus me répondent. Il faut dire qu'il a pris du temps à nos regards avant de comprendre qu'ils étaient passionnés l'un pour l'autre. Il a fallu bien des jours et des nuits avant que nos mots veuillent dire ce que notre c½ur et notre corps ressentaient. Pourtant, dès le moment où nos peaux se sont frôlées et que les frissons ont parcouru notre âme, les évènements se sont précipités en un battement de paupières. Les mots, dans un mutisme romantique, se sont propagés en toi comme en moi par le biais des gestes si passionnés que l'on s'échangeait. Il n'a pas été question d'amour ce soir-là, que d'une passion partagée. Au matin, déjà, je savais que cette nuit était la première d'une longue lignée de bonheur. Et tes magnifiques yeux bleus m'assuraient que j'avais raison et que tu partageais cette idée.
C'est devant un déjeuner d'étudiant un peu pauvre, mais préparé avec tendresse que nos personnalités se sont connues. Il a fallu peu de temps avant de comprendre que l'art sous toutes ses formes vivait en nous et que la communication savait prendre une place confortable dans nos bouches et nos esprits. Bien sûr, le nuage se formait en dessous de nous et le soleil de l'été nous aidait à le conserver doux et moelleux. L'amour nous était rentré dedans à grande vitesse et nous étions devenus presque inséparables. Lorsque nous étions ensemble, rien n'existait plus qu'une jeune fille et un jeune homme amoureux. Nos amis, envieux et contents, semblaient s'habituer au couple perpétuel que nous formions. Il ne faut pas seulement dire que l'on était un couple inséparable, car il nous arrivait de sortir chacun de notre côté et d'être légèrement indépendants. Cependant, nous étions constamment dans le c½ur, les yeux, les mots ou encore l'âme de l'autre. La rêverie s'emparait souvent de nous et les sourires habitaient nos visages presque tout le temps. Je vivais enfin un amour qui ne pouvait être décrit, car il existait que pour être vécu.
Le temps a passé et les feuilles menaçaient de tomber. L'avenir nous l'avait dit, mais les chemins se voulaient plus distants. Il nous fallait retourner à nos études, à nos appartements, dans une ville loin de toute cette magie. J'avais espéré qu'un miracle quelconque se produise, mais le temps avançait toujours et l'heure de la distance approchait. Mon amoureux m'avait dit qu'il donnerait tout ce qu'il pouvait pour ne pas perdre contact, pour que tous nos sens soient comblés. L'espoir emplissait nos petits c½urs et notre départ était vu comme une promesse d'une visite prochaine et non comme un adieu. Les larmes ont tout de même roulé sur mes joues et tout le long de ma poitrine nue, la dernière nuit où je me blottissais dans les bras de mon amoureux. Je savais que l'ennui allait me serrer les entrailles plus d'un jour et cela lui brisait le c½ur au point où une larme s'échappa de son ½il. Il aurait aussi voulu que nos destins soient côte à côte au-delà d'un simple été, mais nous refusions catégoriquement de briser nos rêves pour un amour qui saurait patienter et surmonter les épreuves. Malgré la confiance qu'il avait, il ne put s'empêcher de me serrer plus fort dans ses bras, peut-être inconsciemment, en se voulant protecteur de ce qui nous appartenait encore un peu.
Notre départ s'est fait assez rapidement. Je me rappelle de l'avoir vu attendre que j'embarque dans la voiture qui me menait à ma vie prochaine, à mon nouveau monde. J'avais un peu mal, mais je ne pouvais me douter à quel point c'était doux à comparer de la douleur qui m'attendait un peu plus tard. Rendue sur place, je retrouvai tout de même mon sourire, car je savais être enthousiasme et optimiste. Je souhaitais faire de mon appartement un endroit où j'allais me sentir bien. Mes amies, qui m'avaient suivie dans cette nouvelle ville, savaient me changer les idées et me faire rire. Tout s'annonçait bien ! Après deux semaines, mon homme vint me rendre visite avec plein de câlins à me procurer. Malgré que le téléphone ait été un de nos amis durant les jours passés, nous avions un paquet de choses à nous dire et le week-end passa en éclair. Il me fallut beaucoup de courage pour le voir repartir, mais j'étais très heureuse et je savais que ça allait m'aider à contrer l'ennui. Pendant plus de 6 mois, notre relation allait très bien, les vacances nous permettaient de nous ressourcer et l'ennui se transformait en habitude. La confiance était installée, ma nouvelle vie aussi et je pouvais vaquer à mes occupations sans juste penser à lui.
Au bout d'un an, il se faisait plus distant durant nos rencontres, ses yeux fuyaient la vérité et je le sentais. Il faut dire qu'un courant passait entre nous deux et je pouvais deviner plusieurs de ses pensées sans qu'il n'ait eu à me les formuler. Et, malgré que je ne veuille pas accepter cette option, son jeu devint pour moi une évidence. Il avait beau être acteur, il ne pouvait se cacher derrière un masque avec moi. Je savais très bien qu'une autre fille était venue lui chatouiller le c½ur. Et bien sûr, il finit par me l'avouer avec regret puisqu'il ressentait toujours de l'amour pour moi, mais que la distance posait un énorme mur entre moi et lui. Je le croyais, mais je ne pouvais m'empêcher de m'effondrer et de plonger dans un énorme gouffre. Il avait fallu que les aveux se fassent en personne et je me retrouvais coincée loin de chez moi, mais près de la nouvelle amante. Je ne savais plus quoi faire. Dans la hâte et l'énervement, j'ai pris ce que je connaissais le plus et décidai de raconter mon histoire en quelques lignes. Je voulais écrire afin de laisser un souvenir de l'amour qui avait existé entre nous deux. Les mots défilaient sous mes yeux comme si le temps me pourchassait. Les sanglots déformaient mon visage, ce qui rendait l'écriture plutôt ardu, mais l'inspiration y était... l'amour aussi.
Vous voulez sans doute savoir ce que j'ai écrit et pourquoi. Il faut savoir que le mal était pour moi une masse indescriptible que je n'arrivais pas à chasser. J'aurais pu tenter de le faire sortir en criant après cette pouffiasse qui m'avait enlevé mon homme, mais... il ne me serait pas plus revenu. Je voulais plutôt lui prouver à quel point je l'aimais en remémorant notre histoire, en lui rappelant la passion et en mourant pour lui. Je sais, c'est un peu dramatique d'en arriver jusque-là pour une peine d'amour, mais...
La littérature laisse place à toute opportunité et il est possible de tout faire, d'écrire toutes les idées inimaginables. Seulement, voilà, je ne savais comment terminer ma lettre pour qu'elle soit touchante et qu'elle fasse comprendre toute ma douleur à celui à qui elle était destinée. De plus, il aurait été cruel de ma part de lui donner ma mort sur la conscience, j'aimais tout de même cet homme. Alors, je lui ai plutôt fait comprendre que mon amour pour lui était plus grand que mon rêve d'étudier loin. Il ne m'a pas fallu plusieurs arguments pour lui rappeler qui j'étais et qui il s'apprêtait à perdre. Je ne dis pas que je suis indispensable ou parfaite, je pouvais juste me douter que notre bout de chemin, ensemble, n'était pas terminé. J'ai donc pris les choses en main et j'ai aménagé avec lui en éliminant ainsi la distance et en étudiant près de lui. Qu'est-il advenu de l'autre femelle? Et bien, elle est devenue une très bonne amie et une bonne confidente même si mon amoureux s'est mis à la détester en apprenant à mieux la connaître. Il faut dire que j'avais du doigté pour dévoiler le mauvais côté des gens et éloigner la mort imminente. Ce n'est pas vrai, je ne l'ai tout de même pas provoqué. Et je l'avoue, j'ai été chanceuse et courageuse de foncer avec une proposition qui aurait pu finir en ménage à 3. Enfin, comble de la quétaine que je suis, nous nous sommes mariés il y a de cela un mois et comme je m'ennuyais toute seule dans notre appartement, j'ai eu envie d'écrire ceci, comme ça, juste pour écrire...
P.s. J'ai écrit ce texte dans les alentours de 3h30 et 4h du matin sans me relire, il est donc possible que le texte ait ses lacunes.. et qu'il soit long m'étonne, mais j'avais tout de même envie de le mettre...